Au Québec, les deux langues sont le dossier

Personne n’interprète. L’avocat pose la question en anglais, le témoin répond en français, et la transcription doit porter les deux. C’est le cas ordinaire ici, pas le cas difficile.

L. 01

La règle

L’article 133 de la Loi constitutionnelle de 1867 régit la langue des tribunaux québécois depuis plus d’un siècle et demi, et il est rédigé comme un choix personnel plutôt que comme une règle visant l’instance.

Art. 133, 1867

“either of those Languages may be used by any Person or in any Pleading or Process in or issuing from any Court of Canada established under this Act, and in or from all or any of the Courts of Quebec.”

Loi constitutionnelle de 1867 (R.-U.), 30 & 31 Vict., ch. 3, art. 133. Cité dans sa version anglaise : l’article n’a pas de version française officielle. · laws-lois.justice.gc.ca

Chaque participant choisit indépendamment et peut changer en cours d’audience. Personne n’a à justifier son choix, personne n’est désigné pour faire le pont, et aucune traduction n’est produite. La conséquence pour la transcription est directe : il n’existe pas de langue unique du dossier sur laquelle se rabattre. Les deux sont le dossier.

L. 02

À quoi ça ressemble

Voici à quoi ressemble réellement une heure d’interrogatoire bilingue lorsqu’on trace qui parle quelle langue. Ce ne sont pas deux blocs. C’est une tresse, et elle peut basculer à l’intérieur d’une même réponse.

Qui parle quoi
Une audience, minute par minute00:00 — 01:00Le tribunalL’avocatLe témoinPièce lueFrançais, tel que ditAnglais, tel que dit

Plein pour le français, contour pour l’anglais. Aucun interprète n’apparaît dans cette heure — et sous l’article 133, aucun n’est requis.

Un transcripteur qui travaille avec un lexique ne peut pas faire ça. Les passages qui comptent sont généralement ceux où le registre tombe — là où le témoin cesse de témoigner et se met à parler. Le français québécois à ce moment-là n’est pas celui d’une mémoire de traduction.

L. 03

Les sténographes officiels

Le Québec encadre les personnes qui prennent le dossier, et il les encadre par langue. L’attestation est délivrée par le Comité sur la sténographie du Barreau, et elle indique les langues qu’elle couvre.

B-1, r. 13

« L’attestation vaut pour chacune des méthodes et des langues qui y sont indiquées. »

Règlement sur la formation, le contrôle de la compétence, la délivrance d’une attestation et la discipline des sténographes, RLRQ ch. B-1, r. 13, art. 1 · loi habilitante : Loi sur les sténographes, RLRQ ch. S-33, art. 3

Le tableau des sténographes officiels publié par le Barreau comporte une colonne langue précisément pour cette raison ; un sténographe autorisé dans les deux y figure deux fois. La province a donc déjà tranché : prendre un dossier en français et le prendre en anglais sont deux compétences distinctes.

Où nous nous situons

Nous ne sommes pas sténographes officiels accrédités du Québec. Nous ne prenons pas le dossier en direct, nous ne détenons pas d’attestation au sens du RLRQ ch. B-1, r. 13, et lorsqu’un dépôt exige le certificat d’un sténographe officiel, il vous en faut un — dites-le à l’ouverture du dossier et nous vous le dirons avant tout engagement. Ce que nous faisons, c’est produire des transcriptions attestées à partir d’enregistrements, dans les deux langues, y compris le travail qu’une transcription officielle d’audience bilingue laisse encore à faire.

L. 04

Ce que nous transcrivons ici

Liste brute, sans enrobage.

Interrogatoires au préalable · interrogatoires hors cour · interrogatoires sur affidavit · interrogatoires après défense · dépositions prises au Québec pour une procédure américaine · arbitrage commercial et de griefs · séances de médiation avec dossier · Tribunal administratif du travail · Tribunal administratif du Québec · audiences du Tribunal administratif du logement · comités de discipline professionnelle · enquêtes du coroner · instances municipales et de la Cour supérieure · Division des petites créances · audiences de la CNESST · autorisation d’action collective · preuve enregistrée déposée dans l’une ou l’autre

InclusSur demande
LanguesFrançais et anglais transcrits tels que parlés, dans le même document, jamais traduitsPrésentation en colonnes parallèles de l’original et de l’interprétation
RegistreFrançais québécois, usage du palais et terminologie juridique traités par un praticien qui exerce dans les deux languesLexique des termes récurrents, convenu avec l’avocat avant livraison
AlternanceMarquée au point du changement, selon la convention du forumÉtiquetage de la langue d’énonciation sur chaque ligne
AttestationDéclaration d’exactitude signée, praticien nommé
PaginationNumérotation continue des lignes, pagination structurée
LivraisonPDF cherchable, Word modifiableASCII, e-transcript, RTF, condensé quatre par page, index
DélaiCinq jours ouvrablesQuarante-huit heures
L. 05

Nous travaillons à partir d’enregistrements : la salle peut être n’importe où. La plupart de nos dossiers québécois viennent de Montréal et du Palais de justice de Montréal, ainsi que de Québec, Laval, Gatineau, Longueuil, Sherbrooke, Trois-Rivières, Saguenay et Lévis. Les dossiers de Gatineau arrivent habituellement avec ceux d’Ottawa, où nous sommes établis.

Il n’y a pas de bureau au Québec et nous n’allons pas prétendre le contraire. Les enregistrements sont transmis de façon sécurisée, le travail est fait par deux praticiens nommés, et la transcription revient signée.

Envoyez l’enregistrement, les langues et l’échéance. Si le forum exige un sténographe officiel plutôt qu’une transcription attestée, nous vous le dirons d’abord.

Soumettre un dossier →