Sténographe, transcripteur, interprète : qui fait quoi ?
Trois métiers qu’on confond, trois produits différents. Au Québec, en Ontario et aux États-Unis : qui prend le dossier, qui le transcrit, et qui le traduit à voix haute.
Le sténographe officiel, au Québec
Au Québec, le sténographe officiel est formé et accrédité : il suit le programme de l’École de sténographie judiciaire du Québec, puis réussit l’examen du Barreau du Québec, qui tient le tableau des sténographes officiels. Son travail : consigner et transcrire exactement les échanges lors des interrogatoires et des audiences.
Un détail que peu de gens connaissent : selon Éducaloi, le sténographe n’assiste le plus souvent pas à l’audience. Les salles de cour sont enregistrées, et il travaille après coup, à partir de l’enregistrement sonore.
En Ontario : les transcriptionnistes autorisés
En Ontario, seules les personnes inscrites comme transcriptionnistes judiciaires autorisés (Authorized Court Transcriptionists) peuvent certifier la transcription d’une audience d’un tribunal ontarien. Elles travaillent à partir des enregistrements de la cour. Les interrogatoires préalables, qui se tiennent hors cour, sont pris par des sociétés de sténographie privées.
Aux États-Unis : le court reporter
Le court reporter prend le dossier en direct, au sténotype ou par reconnaissance vocale, et en produit la transcription. De nombreux États exigent un permis ou une certification ; l’association nationale (NCRA) délivre ses propres titres. Devant les tribunaux fédéraux, la loi exige que chaque séance soit consignée mot à mot — par sténographie, par moyens mécaniques ou par enregistrement électronique — et fait de la transcription certifiée une preuve à première vue de ce qui s’est dit (28 U.S.C. § 753).
La pénurie de court reporters pousse plusieurs États vers l’enregistrement électronique : voir notre veille de septembre 2026.
L’interprète
L’interprète ne produit pas de document : il rend oralement, en direct, ce qui est dit dans une autre langue. Au Canada, la Charte garantit à la partie ou au témoin qui ne comprend pas ou ne parle pas la langue des procédures, ou qui est atteint de surdité, le droit à l’assistance d’un interprète (article 14). Devant les tribunaux fédéraux américains, la Court Interpreters Act encadre le recours aux interprètes certifiés (28 U.S.C. § 1827).
Conséquence pratique : dans une déposition interprétée, le sténographe consigne ce que dit l’interprète. Si personne ne transcrit la langue d’origine, la version du témoin n’existe au dossier que dans la traduction de quelqu’un d’autre.
Le transcripteur — ce que fait Lexoral
Le transcripteur produit une transcription à partir d’un enregistrement. Chez Lexoral, chaque langue est transcrite telle qu’elle a été parlée, jamais traduite ; l’interprétation, quand il y en a une, est transcrite à part et identifiée comme telle ; la personne qui a fait le travail signe une déclaration d’exactitude.
Nous ne sommes pas sténographes officiels et ne prétendons pas l’être. Quand une règle exige qu’une transcription destinée au dossier de la cour soit faite par un sténographe officiel ou un transcriptionniste autorisé, c’est cette règle qui s’applique ; écrivez-nous, nous vous dirons ce que votre forum attend. Là où nous sommes utiles : la preuve enregistrée (appels au 911, écoutes, vidéos), les arbitrages enregistrés, les interrogatoires en deux langues, et la transcription de la langue source quand une interprétation est contestée.
Et le traducteur ?
Le traducteur travaille sur des documents écrits. Une traduction rend un texte dans une autre langue ; une transcription reproduit ce qui a été dit, dans la langue où on l’a dit. Les deux peuvent coexister dans un dossier, mais l’une ne remplace pas l’autre.
| Qui | Ce qu’il produit | Encadrement |
|---|---|---|
| Sténographe officiel (Québec) | Transcription des interrogatoires et des audiences | Accréditation du Barreau du Québec |
| Transcriptionniste autorisé (Ontario) | Transcription certifiée d’une audience, à partir de l’enregistrement de la cour | Liste des transcriptionnistes autorisés |
| Court reporter (É.-U.) | Transcription certifiée, prise en direct | Certification de l’État ; 28 U.S.C. § 753 en cour fédérale |
| Interprète | Aucun document : une traduction orale, en direct | Charte, art. 14 ; 28 U.S.C. § 1827 |
| Transcripteur | Transcription d’un enregistrement, avec déclaration d’exactitude | Selon le forum et le mandat |
Sources
- Éducaloi, « Sténographe officiel »
- Barreau du Québec, « Sténographes officiels du Québec »
- Authorized Court Transcriptionists for Ontario — FAQ
- 28 U.S.C. § 753 — court reporters (LII)
- 28 U.S.C. § 1827 — Court Interpreters Act (LII)
- Chartepédia, article 14 — droit à un interprète (Justice Canada)
Information générale, pas un avis juridique. Les règles changent et varient d’un forum à l’autre : vérifiez le texte en vigueur et ce que votre forum exige.
Un enregistrement ou une procédure en français, en anglais ou dans les deux langues ? Envoyez-nous la procédure, les langues et l’échéance.
Soumettre un dossier →